In this new evolution of capitalism, the organizations and the individuals cannot sell their productions directly, because the consumers have changed: they always look for free stuff... More precisely, the consumers understood that the one who diffuses a digital content is not necessarily its author. Facing the impossibility to identify the author (who would deserve to gain some money for this content), the consumer chose not to pay anymore for anything.
The following picture is summing up very nicely the two points of view that existed in the years 2000 about the diffusion of MP3 files with peer-to-peer networks (P2P) : for the musical producers, those networks contributed to ruin the artists, and were accustoming people to communist ideas, while the people who were using those networks kept a good self-esteem, arguing that the CDs were too expensive and that anyway, the musical producers were making huge profits which were not paid back to the artists. It was a dialogue of deaf people (note : "un dialogue de sourds" is a french idiomatic phrase which signifies that a discussion is totally vain).
So, as the consumer is not willing to pay anymore, the goal of the new capitalists is to gain fame by giving away their productions, the idea being to reach large-scale recognition and make profit later, by a way or another, exploiting this fame.
For the Internet firms, this later-stage profit often takes the form of advert spaces (see how Google or Facebook gain money), or even, for the projects who are self-declared collectivists, by selling advertising products. That's the case of the Mozilla Foundation, which sells stuff with Firefox logo, of the "Free Software Foundation" who makes the same with the world's most famous gnu head, or again of your preferred encyclopedia.
For the individuals who are facing the necessity to earn their lives with an intellectual profession related to the Internet (for example, me), many of them try to become famous by giving away their ideas or knowledge, but hope that they could one day make money with this not-so-easy experience (with their CV), or use with their fame to sell books, give conferences or shows. In this last example, I think about those musicians who are rejected by musical editors and who give away their songs on the Internet, hoping that the public will support them financially.
Are we seeing, like Kevin Kelly thinks, the appearance of a new socialism, of a new-type of collectivist society? Clearly, no. This is just an evolution of capitalism, which adapts itself to this new digital world in which informations and tools can be freely copied and diffused without any cost or loss of quality. This capitalism 2.0 is not so different from the previous version : it enriches those who build the infrastructures, who host the informations, or who are at the top of the various companies or projects. It mostly help those who are the most visible and famous, which is proven by the appearance, in the bloggers' world, of the influence concept. The constitution of this capital is made over the labor of those who give away the content at no cost (even if, evidently, those are benefiting from the informations given away by the others).
It's important to understand that, whatever the goal of any human organization, and while the biological needs still exist, true "free of charge", free of back-thought or of any sort of capitalist calculation, is just impossible, just like it is not possible to produce work without energy. About this, and as we say since a long time in France, "each work is worth a salary". The question is : how to pay fairly those who are building the information world? To this question, no organization responds satisfactorily.
Note : the Wired magazine, who published this article about this new socialism mentions, at the bottom of the page :
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Isn't this the proof that, the more the times are changing, the more everything remains the same?
Credits :
- The picture with the dinosaur's head, very inspired by soviet propaganda, comes from the Mozilla Foundation;
- The picture with the Internet user, the blood-thirsty soviet and the cigar smoking milliardaire comes from Modern Humorist.



7 reactions
1 From Pierre Col - 06/07/2009, 11:29
Je partage tout à fait votre analyse !
2 From Grégoire Colbert - 06/07/2009, 19:03
Merci d'avoir laissé un commentaire, ça fait toujours plaisir de savoir que quelqu'un a lu ce que j'ai écrit.
3 From Benoit - 19/07/2009, 22:13
Tu as parfaitement bien cadré la problématique.
Pour moi, on assiste actuellement à la mort d'un modèle économique, et on est encore en train de chercher le nouveau modèle. On est donc en période de transition.
Le point positif de cette gratuité pour le consommateur web, c'est que les petits et les grands jouent désormais dans la même cours, et que le réseautage internet permet aux petits qui sont bons de rapidement se faire connaître.
"Tout travail mérite salaire" -> pour un artiste web, le salaire consiste désormais en la notoriété (l'influence), à lui ensuite d'essayer d'en tirer quelques kopecks, à défaut d'une organisation qui le ferait pour lui de manière satisfaisante.
4 From Simons - 21/07/2009, 16:00
En effet, tout travail mérite salaire. Comment faire pour rémunérer dans un tel système ? Je résume deux modèles de société et en propose un troisième :
Dans la société communiste, la rémunération était la même pour tous, peu importe le travail réalisé. Tout bénefice allait à l'état, posant un problème de liberté individuelle. Conclusion : Personne n'était productif et n'avait la motivation à travailler, à part dans les secteurs où la motivation vient d'autre chose que la rémunération comme le sport, la culture, la santé, l'éducation. l'entraide.
Dans la société capitaliste, la rémunération est donnée à celui qui produit quelque chose que seul l'acheteur possédera. Cela empêche la création de produits libres et utiles à tous et nous entraine dans un individualisme à outrance.. L'arrivée de solutions libres est limitée et ceux qui le font ne sont que rarement rémunérés.
Dans une nouvelle société, il faut trouver un moyen de rémunérer ce qui est utile à tous et qui permet de nous humaniser tout en nous permettant d'être productif et de conserver notre entière liberté. Au final, il faudrait que l'on se sente forcé de rémunérer ceux qui écrivent des articles sur wikipedia ou créent de la musique librement. Mais on se dit tous : Pourquoi j'irais payer alors qu'un autre pourrait le faire, et que de toute manière, cela reste gratuit, que je le fasse pour moi ou pas ?
A cela, on a pourtant des solutions. Regardez l'excellente idée du Mécenat global : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mécé... C'est ce qui sauverait la création musicale, et permettrait de rémunérer les artistes et de développer une culture musicale pour tous. La solution à votre problématique pourrait être là : Le Mecenat appliqué pour tout ce qui est utile à tous : l'état préleve à tous une certaine somme puis laisse le choix (Démocratie) de choisir ce qu'il souhaite rémunérer.
Par exemple, j'ai payé 10 euros, et je dois décider à qui je donne ces 10 euros. J'irais alors donner 2 euros à Wikipedia, 2 autres au Wiki de ma ville, 1 autre à Mozilla, 2 autres aux musiciens de mon quartier qui tentent de sortir de l'innconu, 1 autre à un artiste déjà très connu mais qui mérite quand même son salaire et un dernier à un réseau de personnes sur Internet qui se bouge pour aider à la Transition de ma ville (Transition Towns).
Mis à grande échelle, un système de ce genre permettrait à notre société de devenir plus démocratique, plus libre, plus juste, et plus fraternelle..... Internet permettant de faire cela assez facilement.
5 From Grégoire Colbert - 23/07/2009, 00:09
Merci Benoît et Simon pour ces commentaires constructifs et qui se complètent!
Je ne connaissais pas le concept du "mécénat global" mais effectivement, l'idée n'est pas mauvaise, du moins pour ce qui est du choix laissé à l'internaute de répartir comme il l'entend sa contribution monétaire. Cependant dans la réalisation, il y aurait une difficulté à résoudre : comment empêcher certains "petits malins" de verser leur contribution à leur propre groupe de rock, et donc ne pas participer vraiment au financement? Car un tel système ne pourrait faire l'unanimité que s'il est vraiment indiscutable et transparent. Je veux dire par là que tout contributeur devrait pouvoir trouver la réponse à la question suivante : qui a bénéficié de l'argent, et à hauteur de combien? Mais bon, j'avoue que je n'ai pas d'avis bien net sur ce "mécénat global", c'est une idée que je viens de découvrir et il faut se garder de tirer des conclusions hâtives, qu'elles soient positives ou négatives, surtout quand les sujets sont complexes.
Toutefois, si je devais jouer les prophètes, je pense quand même que le problème du téléchargement illégal est très lié à la notion d'identité numérique, et que l'anonymat n'est pas forcément quelque chose de vraiment vital. Oh, oui, je sais, vous allez me dire de lire 1984... Mais en réalité, des centaines de millions de personnes dans le monde (200 millions je crois) n'ont pas reculés avec effroi quand leurs amis leur ont conseillé de s'inscrire sur le site Internet d'une société privée états-unienne qui centralise les données, qui les conserve à vie, et qui se nomme Facebook... Donc l'épouvantail "Big Brother", je ne suis pas sûr qu'il soit si repoussant que ça pour la plupart des gens, je veux dire, dans le monde réel qui est le nôtre.
En fait, moi, je préférerais un Internet dans lequel l'anonymat n'existe officiellement plus du tout, où on saurait exactement qui est venu sur tel ou tel site web, mais dans lequel les données personnelles restent la propriété des internautes par un système de clé publique et clé privée, à un Internet centralisé (un "Minitel 2.0" pour reprendre l'expression de Benjamin Bayart) avec un anonymat théorique mais qui sert en réalité de prétexte à faire passer de vraies mesures liberticides qui vont bien au-delà des problèmes de piratage.
Cela fait plusieurs mois que je me dis qu'il faut que je fasse un article sur le sujet de l'anonymat, mais j'avoue que j'ai un peu peur de ne pas bien cerner tous les aspects du problème. Par exemple, je n'ai jamais compris en quoi le secret bancaire pouvait être utile aux gens honnêtes. Et le fait que je sois informaticien me pousse naturellement à préférer les systèmes transparents aux systèmes opaques... Ce n'est pas facile de réfléchir publiquement, mais c'est peut-être comme ça que les choses avanceront.
Donc de nouveau, merci pour vos contributions.
6 From Vladimir Vodarevski - 09/08/2009, 12:27
Bonjour.
Kevin Kelly emploie le terme socialisme par opposition aux rapports marchands que l'on a l'habitude d'étudier en économie. Il insiste sur les relations sociales, non marchandes, qui se développe sur le net, et peuvent même aboutir à des réalisations d'envergure, comme les logiciels libres. Il prend bien soin par ailleurs de se démarquer de la théorie socialiste habituelle. Ce nouveau socialisme est un essai de théoriser l'évolution de la société et de l'économie produite par internet.
Je pense que l'on a une vision très caricaturale des théories économiques. D'un côté le capitalisme, présenté comme étant exclusivement marchand, prônant la propriété privée, basé exclusivement sur le concept de marché. De l'autre le socialisme, qui se veut l'opposé, insistant sur le social, la coopération non marchande.
Kevin Kelly reprend cette opposition, avec lucidité. Il insiste sur les coopérations non marchandes qui apparaissent sur le net, d'où le terme socialisme (sans doute volontairement provocateur dans un contexte américain!). Mais il se démarque de la théorie socialiste, avec insistance, d'où l'épithète nouveau. Réellement nouveau, et non pas une nouvelle variante.
Ce qui est amusant, c'est que la description de Kelly du nouveau socialisme s'intègre parfaitement dans les théories libérales. En effet, les logiciels libres sont des réalisations d'organisations spontanées, sans aucune intervention étatique. Ces logiciels sont une sorte de produits publics, car à la disposition de tous, mais aussi privés, car réalisés sans intervention d'aucun Etat. Le caractère public de ces logiciels est protégés par des règles, là aussi privées, et non publiques (les licences GNU par exemple). C'est un exemple des théories liberales, qui disent que les gens peuvent s'auto-organiser efficacement sans l'Etat.L C'est presque du libertarisme!
Je ne veux pas dire qu'il faut appliquer le libertarisme. Ni que l'économie de l'internet soit forcément libertaire. Ce que je veux montrer, c'est que des théories existantes, et libérales, offrent des bases de réflexions sur ce qui se passe aujourd'hui dans l'internet. Mais il faut sortir des caricatures de théories économiques habituellement utilisées.
Je précise aussi que je n'oppose pas le socialisme de Kelly au libéralisme. Kelly est très clair: il ne parle pas du socialisme d'antan.
Comme vous je commente l'article de Kelly sur mon blog (http://economie-analyses-actualites...). Je trouve sympa que cet article soit commenté dans la blogosphère francophone. Je trouve qu'on ne s'intéresse pas assez à ces questions en France. Et encore bravo à Framablog d'avoir proposé cette traduction, bien sûr.
En espérant que ce commentaire vous intéressera.
Bonne continuation
7 From zablo - 23/08/2009, 20:24
Je cite : « Ce capitalisme 2.0 n’est pas si différent de l’ancien : il enrichit ceux qui mettent en place les infrastructures, qui hébergent les informations ou qui sont en haut de la pyramide des différentes sociétés ou projets »
Tout à fait d'accord avec cette observation précise qui conduit à une conclusion tout aussi précise si l'on veut répondre « de manière satisfaisante » à la question qui fâche et à laquelle aucune organisation n'a encore répondu : « comment rétribuer de manière juste et équitable ceux qui construisent le monde de l’information ? ».
Je ne vois pas d'autre voie que d'appeler ces constructeurs du nouveau monde à devenir eux aussi et très directement maître d'ouvrage de l'infrastructure et, de là, à héberger et diffuser les informations de manière distribuée... chez eux donc. Tant que cette révolution sur l'infrastructure n'aura pas eu lieu nous serons tous condamnés à travailler gratuitement dans les usines informationnelles des nouvelles oligarchies technologiques.