Journel

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04Mar 2010

C'est bien beau mais lesquelles ?

Mourir pour des idées, l’idée est excellente !
Moi j’ai failli mourir de ne l’avoir pas eue !
Car tous ceux qui l’avaient, multitude accablante,
en hurlant à la mort me sont tombés dessus !
Ils ont su me convaincre, et ma muse insolente,
Abjurant ses erreurs se rallie à leur foi
...avec un soupçon de réserve toutefois :

Mourons pour des idées, d’accord! mais de mort lente.
D’accord! mais de mort lente.

Jugeant qu’il n’y a pas péril en la demeure,
allons vers l’autre monde en flânant en chemin.
Car à forcer l’allure, il arrive qu’on meure
pour des idées n’ayant plus cours le lendemain.
Or s’il est une chose amère, désolante,
en rendant l’âme à Dieu c’est bien de constater
qu’on a fait fausse route, qu’on s’est trompé d’idée.

Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente.
D’accord, mais de mort lente.

Les Saints Jean Bouche d’or qui prêchent le martyre
Le plus souvent d’ailleurs s’attardent ici-bas.
Mourir pour des idées, c’est le cas de le dire
c’est leur raison de vivre, ils ne s’en privent pas.
Dans presque tous les camps, on en voit qui supplantent
bientôt Mathusalem dans la longévité,
j’en conclus qu’ils doivent se dire en aparté :

Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente.
D’accord, mais de mort lente.

Des idées réclamant le fameux sacrifice
les sectes de tout poil en offrent des séquelles...
Et la question se pose aux victimes novices :
Mourir pour des idées, c’est bien beau, mais lesquelles ?
Et comme toutes sont entre elles ressemblantes,
quand il les voit venir avec leur gros drapeau,
le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau...

Mourons pour des idées -d’accord- mais de mort lente...
D’accord mais de mort lente...

Encor’ s’il suffisait de quelques hécatombes
pour qu’enfin tout changeât, qu’enfin tout s’arrangeât !
Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent,
Au paradis sur Terre on y serait déjà !
Mais l’âge d’or sans cesse est remis aux calendes...
Les dieux ont toujours soif, n’en ont jamais assez,
et c’est la mort, la mort ! toujours recommencé’.

Mourons pour des idées d’accord, mais de mort lente.
D’accord, mais de mort lente.

Ô vous, les boutefeux, ô vous, les bons apôtres,
mourez donc les premiers nous vous cédons le pas !
Mais, de grâce, morbleu ! laissez vivre les autres !
La vie est à peu près leur seul luxe ici-bas.
Car enfin, la Camarde est assez vigilante,
elle n’a pas besoin qu’on lui tienne la faux !
Plus de danse macabre autour des échafauds !

Mourons pour des idées d’accord mais de mort lente
D’accord mais de mort lente.

24Feb 2010

Tout le monde il est gentil ?

Je me demande pourquoi le film "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" de Jean Yanne, sorti en 1972, ne passe plus jamais à la télé, comme s’il n’était pas drôle et comme si Jean Yanne et Bernard Blier n’y étaient pas excellents :


Extrait n°1

Extrait n°2

Générique de fin

Vraiment je ne comprends pas qui ce film peut bien gêner. Encore un mystère de la France du 21ème siècle.

20Feb 2010

Les tuyaux de Madame

Elle s’appelle Mademoiselle S et elle tient un site qui s’intitule Les entrailles de Mademoiselle. C’est censé être un blog collectif, mais dans les faits, il n’y a qu’elle qui écrit. Ce n’est pas un problème, puisqu’elle le fait très bien.

Sa grande spécialité n’est pas culinaire et elle ne parlera pas, malgré le titre du site, de la préparation des tripes, mais elle pourra vous écrire un billet fort savoureux après avoir vu une image comme celle-ci :

Moulinex libère la femme

Son trip serait plutôt la condition féminine, bien que la partie "Qui sommes-nous?", entièrement construite sur un enchaînement de négations, ne permet pas d’en être sûr, la seule phrase affirmative étant : Nous écrivons en tant que féministes.

On ne sait donc ni le quoi, ni le pourquoi, même pas le qui, car c’est un site anonyme, avec tout ce que cela entraîne d’excès et de facilités. À ce sujet, il est d’ailleurs instructif de lire les commentaires et le sort réservé aux hommes qui osent critiquer les idées ou essayent simplement de les comprendre :

56. Le 23/01/10, 15:18 par Mr. V : L’intérêt d’un débat est d’essayer d’élever une discussion, de tenter de produire un bouleversement des idées, voire même d’amener l’autre à changer d’avis sur une question. (...) Si vous voulez vraiment susciter un débat, et surtout être prises au sérieux, l’erreur à ne pas commettre est précisément de ne pas jouer ce jeu. (...) Voilà, je suis un peu déçu, que vous ne puissiez faire montre d’un peu plus d’intellect. Heureusement que l’abruti est au mâle ce que l’écervelée est à la femme.

57. Le 23/01/10, 15:47 par Mademoiselle : @Mr. V : Le souci, je crois, c’est que j’en ai pas grand chose à foutre que tu nous prennes au sérieux.

Il serait donc possible de faire un site bien construit, bien écrit et bien illustré, sur un thème en "-isme", et se soustraire à tout débat sur le fond en feignant de n’en avoir pas grand chose à foutre? Cela démontre une fois de plus que l’anonymat permet de se défouler mais guère de convaincre.

Vidéo : pour finir sur une touche d’humour :


Les Nuls

Liens :

12Jan 2010

Et la Terre fut

Il y a environ un an disparaissait Albert Barillé. Vous ne voyez pas de qui il s’agit? Peut-être que ceci vous éclairera :


Il était une fois l’homme, épisode 1 (1/3)

Il était une fois l’homme, épisode 1 (2/3)

Il était une fois l’homme, épisode 1 (3/3)

Il est certain que ces dessins animés, et ceux des autres séries qui suivirent, ont permis d’ouvrir à la science l’esprit de bien des enfants de ma génération, c’est-à-dire celle qui allait à l’école au début des années 80.

Lien : l’article consacré à Albert Barillé sur Wikipédia.

10Jan 2010

Mes non-voeux pour 2010

Cher lecteur,

Cette année, je ne vais pas te souhaiter une bonne année, parce que je ne suis en relation avec aucune divinité capable de t’apporter le bonheur, de t’éviter de tomber malade, de trouver l’amour ou d’avoir la chance aux jeux. Crois-moi, rien de ce que je pourrais écrire ici n’aurait d’influence sur le cours de ta vie durant l’année qui commence.

Pourquoi faudrait-il, sous prétexte qu’il s’agit d’un usage fort répandu, adopter un mode de pensée magique, quand tout ce dont nous avons besoin, c’est d’un mode de pensée honnête?

  • De quoi auras-tu besoin d’autre pour être heureux cette année que de regarder honnêtement le monde qui t’entoure, en réfléchissant par toi-même, en riant de bon cœur quand cela t’en dit, en gardant à l’esprit que le fou n’est pas celui qui change son point de vue mais celui qui ne peut plus en changer?
  • Comment pourras-tu être en bonne santé sans reconnaître que tu n’as pas un corps mais que tu es un corps, et qu’à ce titre tout ce que tu as à faire, mais c’est déjà beaucoup, c’est de manger avec plaisir de bons petits plats?
  • Pourras-tu être aimé sans être prêt à aimer toi-même encore plus?
  • Gagneras-tu dans le jeu, au moins, le plaisir d’avoir joué?

Puisque le passé n’a pas d’avenir, ne pourrait-on pas arrêter cette année toutes les traditions imbéciles?

06Jan 2010

L'âme existe-t-elle?

L’âme existe-t-elle?

L’âme, au niveau individuel, était un concept admissible à l’époque où l’on était incapable de comprendre que la conscience est un phénomène matériel, dynamique et émergent. Mais de nos jours, il est évident pour toute personne un tant soit peu ouverte aux sciences, que c’est l’excitation continue du réseau de neurones par les organes du corps (organes des sens et organes internes) qui entraîne l’émergence de ce que l’on appelle la conscience. Tout cela, au niveau le plus fondamental, n’est bien que du "matériel", mais ce que l’on n’avait pas compris à l’époque où on croyait en l’existence de l’âme, c’est que le "matériau vivant" est dynamique et se modifie sous les stimulations. La conscience est un phénomène dont le support est bien entièrement matériel, mais cette caractéristique n’implique pas que ça ne soit que de la mécanique. L’âme est donc un concept complètement vide de toute signification, peut-être encore plus vide encore que celui de "dieu".

23Dec 2009

Ich mag dieses Lied


Nina Hagen, "Du hast den Farbfilm vergessen"

Bon, je ne comprends quasiment rien aux paroles, mais j’adore la voix de Nina Hagen, la mélodie et surtout le titre : "Tu as oublié la pellicule couleur".

04Dec 2009

Mon expérience des escrocs des rues

Mon père, qui visitait Paris aujourd’hui, m’a appelé ce soir pour me raconter une histoire : une femme avec un accent espagnol lui avait offert une bague en or! Je lui ai donc dit immédiatement que cette histoire, je la connaissais aussi, puisque je l’avais déjà vécue moi-même, en 2005 ou peut-être en 2006.

La bague en or que j’avais pas vue

Elle est déjà racontée sur des dizaines d’autres blogs, Je ne vais donc pas vous expliquer en quoi elle consiste, mais comme vous le savez, il y a en ce monde des choses qui brillent et qui ne sont pas en or, même avec le poinçon à tête d’aigle. Ni mon père, ni moi, ne sommes tombés dans le panneau de donner quelque chose contre ce bijou en toc.

Le styliste italien en panne d’essence

Une arnaque bien plus subtile m’était arrivée quand j’étais encore étudiant : celle de l’Italien en voiture qui baisse la vitre et vous dit qu’il est représentant d’une marque de vêtements de luxe. Le mien prétendait qu’il travaillait pour Giorgio Armani, qu’il revenait d’un salon de haute-couture sur la côte, qu’il avait fait énormément de ventes et qu’il était très content d’être venu en Bretagne, qui est une belle région, et patati et patata, que les Français sont de bons clients...

Intrigué et amusé par ce personnage à priori crédible, je l’écoutais avec attention me fournir des détails, lui faisant la conversation, jusqu’au moment où il m’a scotché en me disant que, comme j’étais sympathique et que j’avais la classe, il était prêt à me donner trois vêtements Armani, les trois seuls qu’il n’avait pas vendus! Pour appuyer ses propos, il me les montrait rapidement par la fenêtre ouverte, couverts d’un film plastique marqué Armani, et je constatais au premier coup d’oeil que les trois vêtements étaient très différents et qu’au moins l’un des deux manteaux était d’un goût très haute couture, c’est-à-dire ridicule pour un homme qui se respecte : en cuir de vachette marron avec de la fourrure qui dépasse. En un instant appâté puis refroidi, j’ai répondu qu’il était très gentil de vouloir me faire un cadeau, mais que je ne pouvais pas accepter.

Finalement, il en était venu à me parler d’un petit problème tout-à-fait minime qu’il avait, à savoir qu’il était allé au casino la veille (celui de Perros-Guirec), qu’il n’avait pas été très raisonnable et qu’il n’avait plus d’argent pour se payer de l’essence pour rentrer à Genève. Il voulait donc que je l’accompagne à la station Elf toute proche pour payer à sa place, et que de toute façon, ce n’était rien du tout quelques litres de gazoil, puisqu’il me laissait plusieurs centaines d’euros de vêtements. Cherchant un moyen de partir car ces fringues ne m’intéressaient pas et que je n’avais pas non plus une demi-heure à lui accorder, je lui avais dit que, peut-être, le gérant de la station essence serait intéressé par son offre. Je ne me souviens plus de la fin de la discussion mais je sais qu’on avait parlé du prix des carburants et comme j’avais une voiture plus économique que la sienne puisque fonctionnant au GPL, il m’avait dit que ma voiture était une gazinière, ce qui, pour le coup, était une réflexion très désagréable et pas du tout habile... Peut-être était-ce la seule qu’il avait improvisée?

Toutefois, la plaque italienne de la Mégane grise, l’âge mûr et l’accent italien du bonhomme, le fait qu’il ne sorte pas de sa voiture et laisse le moteur tourner comme si tout ceci n’était pas important et ne durait que quelques minutes, sa sympathie et son sens du contact fait qu’il mériterait qu’on lui offre un ersatz de récompense, le Sézar de l’embobineur public en contrefaçons de vêtements de luxe.

La vieille sortie d’un album de Tintin

Quand j’étais encore plus jeune, bien avant le passage à l’euro, j’avais légèrement bousculé dans une rue de Caen une vieille femme qui venait d’un pays de l’Est, enroulée dans un châle et qui, en réalité, s’était précipité en travers de ma route. Feignant d’être en colère de mon impolitesse, et moi très agacé car j’avais bien vu qu’elle ne regardait pas devant elle, elle m’avait dit qu’elle avait des calendriers avec des jolis dessins et qu’elle voulait bien m’en vendre un contre une petite pièce, étant donné que je l’avais heurtée et que je pouvais bien faire ça pour m’excuser. Ce calendrier m’avait semblé très beau, pour autant que je m’en souvienne, et même si j’avais compris qu’il s’agissait d’une quêteuse, je m’étais dit qu’au moins, elle avait quelque chose à vendre, et que je pouvais lui donner 10 francs en échange d’un joli calendrier et du droit de continuer mon chemin.

Mais à peine avais-je posé la pièce dans sa main que par un tour de passe-passe, cette femme lui avait substitué une pièce de 20 centimes et regardait sa main ouverte d’un air malheureux et consterné, comme si je m’étais moqué d’elle, en me disant mais ce n’est pas 10 francs ça monsieur!. Je dois admettre que je n’avais pas, à cet instant précis, parfaitement réalisé ce qui venait de se passer, mais cette bonne femme m’avait suffisamment agacé et fait perdre de temps pour que ma seule envie soit de la slalomer et de continuer mon chemin en poussant un gros soupir de dégoût, en vérifiant surtout que mon portefeuille était encore à sa place, chose qui, depuis le début, était mon principal souci.

Quand j’y repense, cette voleuse savait parfaitement culpabiliser les gens et se placer en victime, ce qui lui permettait d’obtenir un excellent retour sur investissement : beaucoup de pièces pour très peu de calendriers réellement vendus.

Bilan

Mon compte à la banque des escrocs des rues est donc créditeur de 10 francs, ce qui est somme toute très raisonnable.

Pendant que j’y pense : dans deux de ces histoires, l’interlocuteur faisait en réalité la mendicité, mais de manière plus rusée que la moyenne. C’est pourquoi j’ai définitivement arrêté l’aide directe de la main à la main, qui incite les escrocs. Des associations reconnues comme Les Restos du Coeur, le Secours Populaire Français ou Médecins Sans Frontières sont, je le crois, le meilleur moyen d’aider ceux qui en ont réellement besoin.

Je serais particulièrement mal inspiré si j’oubliais de terminer ce billet en rappelant que c’est ce week-end qu’a lieu le Téléthon.

18Oct 2009

Robespierre ne reviendra pas

Je me suis souvenu ces derniers jours de ces lignes de Milan Kundera dans L’insoutenable légèreté de l’être :

II y a une infinie différence entre un Robespierre qui n’est apparu qu’une seule fois dans l’histoire et un Robespierre qui reviendrait éternellement couper la tête aux Français.

Disons donc que l’idée de l’éternel retour désigne une perspective où les choses ne nous semblent pas telles que nous les connaissons : elles nous apparaissent sans la circonstance atténuante de leur fugacité. Cette circonstance atténuante nous empêche en effet de prononcer un quelconque verdict. Peut-on condamner ce qui est éphémère? Les nuages orangés du couchant éclairent toute chose du charme de la nostalgie ; même la guillotine.

L’idée de Kundera est la suivante : le fait que le temps ne soit plus considéré comme cyclique donne à tout évènement un caractère léger, éphémère et relatif, y compris les pires horreurs et atrocités. Voici l’exemple qu’il donne :

II n’y a pas longtemps, je me suis surpris dans une sensation incroyable : en feuilletant un livre sur Hitler, j’étais ému devant certaines de ses photos ; elles me rappelaient le temps de mon enfance ; je l’ai vécu pendant la guerre ; plusieurs membres de ma famille ont trouvé la mort dans des camps de concentration nazis ; mais qu’était leur mort auprès de cette photographie d’Hitler qui me rappelait un temps révolu de ma vie, un temps qui ne reviendrait pas?

Cette réconciliation avec Hitler trahit la profonde perversion morale inhérente à un monde fondé essentiellement sur l’inexistence du retour, car dans ce monde-là tout est d’avance pardonné et tout y est donc cyniquement permis.

Je reformule : un monde fondé essentiellement sur l’inexistence du retour est fondamentalement perverti sur le plan moral, car tout y est d’avance pardonné, et tout y est donc cyniquement permis.

Pourquoi ce passage de Kundera est-il d’actualité?

C’est que cette semaine, le Président de la République Française s’est permis, très cyniquement, de ridiculiser la République Française. Comment ce personnage peut-il, en plein scandale sur les passe-droits dont son fils semble bénéficier pour s’élever dans des postes prestigieux, faire un discours rappelant l’attachement de la République à l’égalité des chances? Comment cet individu peut-il être aussi dénué de tout à-propos? Comment peut-il faire grincer des dents jusque dans son propre parti, faire ricaner toute la presse étrangère sur les dérives monarchistes de notre pays, et prétendre malgré tout que ceux qui sont choqués sont uniquement ses éternels opposants? Comment ose-t-il se moquer aussi ouvertement des Français et des valeurs pour lesquelles tant d’entre eux se sont battus?

Tout simplement parce qu’il sait que Robespierre ne reviendra pas.

Note : pour ceux qui ne sauraient pas qui est Robespierre, voici ce qu’il disait à la Convention nationale sur les principes de morale politique qui doivent guider l’administration intérieure de la République :

« Nous voulons substituer, dans notre pays, la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l’éclat, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l’homme à la petitesse des grands, un peuple magnanime, puissant, heureux, à un peuple aimable, frivole et misérable, c’est-à-dire, toutes les vertus et tous les miracles de la République, à tous les vices et à tous les ridicules de la monarchie. »

C’était le 5 février 1794.

20Sep 2009

Dimanche après-midi

Croiser une famille près d’un canal,

Soi-même être seul,

Regarder l’eau.

01Sep 2009

Mieux vaut sortir un gros bobard...

Hier matin, alors que ça faisait deux heures que je nageais et que je commençais à sentir que je faisais du sport, j’ai touché en faisant une brasse, avec le pouce gauche, un type qui nageait le crawl en sens inverse et qui était en train de doubler quelqu’un. Comme je commençais à avoir un début de crampes dans les épaules et dans les mains, j’ai pas arrêté mon mouvement pour plein de mauvaises raisons, me disant que d’une, les contacts avec les autres nageurs ça arrivait parfois, que de deux j’avais trop mal aux bras, et que de trois, c’était de sa faute s’il ne nageait pas à droite de la ligne d’eau... Et donc mon pouce est resté appuyé sur son cou pendant tout mon mouvement des bras vers l’arrière, ce qui a duré finalement très peu de temps sur l’horloge murale, mais trop longtemps pour n’être pas un geste résultant d’une pensée de ma part.

Arrivé au bout du bassin, je me suis mis debout dans les 90 cm d’eau, à moitié plié en deux pour essayer de faire passer les crampes. J’avais déjà classé l’incident "sans suite", quand quinze secondes plus tard, une voix grave m’a demandé : Y’a un problème?, avec un ton qui ne laissait qu’un strapontin au point d’interrogation. J’ai donc levé un oeil et là j’ai vu un mec en forme de triangle, avec un regard noir sous un bonnet de nageur de club, dans une attitude de gorille prêt à charger. Ma première pensée fut : merde, il croit que je l’ai touché sciemment avec mon pouce en signe d’hostilité à son inclination naturelle à s’accaparer plus de la moitié de la surface utile de la ligne d’eau, alors qu’en fait c’est lui qui nageait au milieu du couloir.

J’ai hésité à lui donner la vraie explication, lui dire que s’il était resté à droite, je ne l’aurais pas touché, mais après avoir constaté qu’il était jeune, musclé et semblait d’ores et déjà prêt à me balancer son poing dans la figure pour revendiquer son droit de nager où il veut, j’ai sorti la phrase la plus lâche qu’on pouvait faire en la circonstance : Ah c’est toi que j’ai touché? Excuse-moi. J’ai effectivement senti que je touchais quelqu’un, mais j’ai pas eu le temps de voir qui. Apparemment le gars attendait surtout le "Excuse-moi", et on en est resté là.

Pendant les quelques heures qui ont suivi cet incident, je me suis trouvé vraiment minable de ne pas avoir osé lui dire que c’était en partie de sa faute. Mais finalement, je trouve qu’on pourrait en faire un proverbe : mieux vaut sortir un gros bobard que de rentrer avec un gros cocard.

24Jul 2009

Comment écrire sérieusement du code VBA dans Excel?

En ce moment, je suis chargé de reprendre du code existant dans le langage utilisé pour les macros Excel : VBA (Visual Basic pour Applications). Je vais donc tenter de répondre à la question posée en titre : comment écrire sérieusement du code VBA dans Excel?

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04Jul 2009

Is a new collectivist world appearing thanks to the Internet?

I just read at Framablog an article named "Le socialisme nouveau : la société collectiviste globale se met en ligne" (The new socialism : the global collectivist society goes online), which is the translation to french of an article from Kevin Kelly, published in the Culture column of the US magazine Wired in may 2009.

This is an ambitious article, and it gives things to think, even if it has an artificial tone that I dislike. I have the feeling that the author began its work thinking that he will use "Socialism" in the title, and found the progressive structure (1 Sharing / 2 Cooperation / 3 Collaboration / 4 Collectivism), and that it's only later that he found how to fill each part. But I'm not convinced by the central thesis, that we would be seeing the appearance of a global collectivist society thanks to the Internet, the appearance of a new socialism.

Mozilla plays with collectivist symbols

Even if mixing concepts is always an interesting exercise, this article also mixes air, because in reality (and that's my opinion), we are not moving out of capitalism. It is just the nature of production that is changing. I will clarify this: we are evoluing from capitalism that I will qualify "of material production" (in which that's what everyone produces which is paid) to capitalism "of advertisement and fame" (in which what everyone produces is not paid anymore, but in which everyone hopes to make a profit by the gained recognition).

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27Jun 2009

La plus grande superstar de notre époque

Ah, voilà enfin un bel événement mondial ultra-médiatique et fédérateur : le cœur de Michael Jackson s’est arrêté de battre le 25 juin 2009 à 14h26, heure de Los Angeles. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, on n’avait pas connu un tel tsunami de déclarations émues, un tel bombardement de vidéos, une telle explosion de photos, une telle avalanche de mots... Nous savons désormais qui est la plus grande superstar de notre époque. Non, ce n’est pas Michael Jackson. Vous ne voyez pas?

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21Jun 2009

Aux États-Unis, les géants des forêts disparaissent

Les plus vieux et les plus gros arbres du parc national de Yosemite sont en train de disparaître. Le changement climatique semble constituer l’une des causes majeures de cette perte.

Yosemite National Park © JC Urien - 2006

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06Jun 2009

La bande annonce de Pierrot le fou

Il n’y a pas à dire, ce que l’on a appelé la Nouvelle Vague, c’était une période de grande liberté dans le cinéma français. Je n’ai pas vu "Pierrot le fou", mais sa bande-annonce vaut le détour.

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05Jun 2009

Amandine met beaucoup de musiciens dans 20 m²

Amandine Bourgeois, la gagnante de la Nouvelle Star 2008, dont j’avais apprécié les prestations dans cette émission de télé-crochet, vient de sortir le 1 juin son premier album, intitulé 20 m².

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03Jun 2009

Un drame en direct à la tévé

Hier vers 23h, sur une chaîne de télévision nationale, un drame s’est produit en direct devant plusieurs téléspectateurs. La présentatrice de l’émission, venant tout juste de prendre connaissance d’une terrible nouvelle, montrait un visage fermé et une ride frontale qu’on ne lui connaissait pas encore :

Drame à la tévé, une mauvaise nouvelle

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31May 2009

Nicolas et les femmes : j'en peux plus!

Le jeudi 23 novembre 2006, vers 7h45, voici la voix qui m’a sorti du sommeil :

Je diffuse cet enregistrement parce qu’il est vraiment amusant et en même temps instructif. J’espère que ce petit Nicolas arrêtera rapidement d’offrir des fleurs à ses amoureuses, parce que ça ne marche pas comme ça...

30May 2009

Tes écrits de ton nom tu signeras

Il doit toujours y avoir un pacte de confiance entre les êtres humains qui peuplent cette planète et les grandes abstractions dont ils admettent l’existence, telles que la nation dont ils s’estiment membres ou l’État dont ils acceptent l’autorité. La liberté d’expression est le droit fondamental qui prouve l’existence de ce pacte entre un ensemble abstrait et ses parties concrètes.

© Maroe Susti - Multitude, 2003 - Used with permission

Par exemple, quand un gouvernement restreint la liberté d’expression dans un pays, c’est qu’il ne fait pas confiance aux citoyens. Et quand les citoyens choisissent de s’exprimer anonymement, c’est qu’ils ne se sentent pas vivre dans un pays où règne l’état de droit.

Signer ses écrits de son nom est donc une marque de confiance. Dans la mesure où nous pensons vivre dans un état de droit et où nous souhaitons le voir prospérer, il me semble que nous avons le devoir de signer nos écrits de nos noms.

Liens :

Crédit :

  • le tableau "Multitude" de Maroe Susti est utilisé avec la permission de l’artiste. Je vous invite à visiter son site à http://www.sustigraphics.com.

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